Nathan Debources, un musicien d’exception
Nathan, quels sont les éléments qui t’ont donné l’envie de faire de la musique ?
Je suis né dans une famille de musiciens. Depuis ma plus tendre enfance, la musique a donc toujours occupé une place très importante dans ma vie.
Depuis tout petit, mes parents m’ont toujours laissé choisir les activités que je voulais pratiquer.
À l’époque, j’allais à la natation le samedi matin et, malgré les traditions familiales, j’ai toujours refusé de jouer de la percussion, du tambour de marche ou du fifre.
Et puis, un jour, j’ai décidé d’apprendre le cornet à pistons et… c’est là que tout a commencé.
Peux-tu nous détailler brièvement ton parcours d’apprentissage depuis tes débuts jusqu’à aujourd’hui ?
En 2010, à l’âge de 7 ans, j’ai commencé l’apprentissage du cornet à pistons avec Johan Pouillard au sein de l’école de musique de l’Harmonie de Fraire.
J’ai ensuite suivi des cours privés avec Johan, notamment en solfège, puis j’ai poursuivi ma formation avec Kathy Hoffman à l’Académie de Châtelet.
Au fil des années, j’ai eu la chance de participer à plusieurs master class données par des musiciens de renommée internationale tels que Lode
Violet, Harmen Van Hoorne, Stijn Berbé, Luc Vertommen, Kris Binon, Nick Ost ou encore Jan Van der Roost.
Toutes ces rencontres, au sein des brass band dans lesquels je joue, m’ont énormément apporté tant musicalement qu’humainement.
Quand tu as commencé l’apprentissage de la musique, savais-tu déjà précisément à quel instrument ou famille d’instruments tu te destinais ?
Je savais surtout une chose : je ne jouerais jamais de percussion.
Même si mon père et mon frère en jouent, ce n’était vraiment pas fait pour moi.
J’ai découvert le cornet à pistons un peu par hasard, en allant écouter mon papa lors d’un concert de Noël avec le Brass Band de Thudinie.
Ce jour-là, je suis littéralement tombé amoureux du son des cuivres et plus particulièrement du cornet à pistons et du bugle.
Depuis ce moment, le son des cuivres fait totalement partie de moi.
Est-ce que l’idée de faire de la musique ton métier t’a effleuré à un moment donné ?
Oui, bien sûr… et encore aujourd’hui, parfois, je me demande pourquoi je n’ai pas choisi cette voie, même s’il n’est jamais trop tard.
La musique occupe déjà une énorme place dans ma vie puisque je fais partie de trois brass band et d’une harmonie.
Mais je pense aussi qu’il est important pour moi de garder la musique comme une passion, en parallèle de mon métier actuel, qui n’a aucun lien avec le domaine musical.
Aujourd’hui, la musique me permet surtout de m’évader, de me changer les idées et de vivre des moments uniques en-dehors du travail. Et cela me convient très bien comme ça.
À quel âge es-tu entré à l’Harmonie de Fraire et quel a été ton parcours au sein de l’orchestre ?
Pendant mon apprentissage du solfège en 2010 (j’avais 7 ans), j’ai eu l’opportunité de participer aux marches avec l’Harmonie en tant que cymbalier, sous la direction de Jean-Philippe Navez, puis plus tard de Damien Bernard, notre chef actuel.
Quelques années après nos débuts instrumentaux, nous étions quatre élèves de Johan Pouillard à intégrer le pupitre de l’Harmonie : Milo, Charly, Boris et moi.
Eux jouaient de la trompette, tandis que moi je jouais le cornet en troisième voix.
Très rapidement, nous avons été encadrés par des musiciens reconnus de Fraire comme Laurent Pierard, louri Godiscal et Géraldine Decrolière. Grâce à eux, j’ai énormément progressé et rejoint ensuite le pupitre des premières trompettes.
Damien Bernard a été l’une des premières personnes à croire en moi et à me donner ma chance. Grâce à lui et aux musiciens de l’Harmonie, j’ai déjà eu l’occasion d’interpréter de nombreuses pièces en soliste accompagné par l’orchestre.
Je leur en suis profondément reconnaissant.
En plus de l’Harmonie de Fraire, tu as la chance de jouer depuis plusieurs années au sein de différents orchestres qui ont reconnu ton talent.
Peux-tu nous expliquer ?
Oui, effectivement. J’ai souvent l’occasion de jouer avec différents orchestres, aussi bien en Wallonie qu’en Flandre, souvent pour aider des amis musiciens.
Comme le cornet est très lié à l’univers des brass band, j’ai demandé à mes parents de contacter mon premier chef de brass band afin de voir si je pouvais rejoindre l’ensemble malgré mon jeune âge et le fait que je n’avais pas encore le permis de conduire. Heureusement, un ami de la commune, Olivier Delbart, venait me chercher et me reconduisait après les répétitions.
En 2017, j’ai intégré le Namur Wallonia Brass Band au poste de 3e cornet sous la direction de Dominique Bodard.
Par la suite, j’ai dû arrêter afin de suivre des cours du soir organisés le même jour que les répétitions.
En 2018, j’ai alors rejoint le Brass Band de Thudinie au poste de 3e cornet sous la direction de Jacques Clippe. Très rapidement, on m’a proposé de rejoindre le pupitre des cornets solos.
En mars 2019, j’ai eu l’opportunité de renforcer le célèbre Brass Band Bacchus au poste de 3e cornet, sous la direction de Bart Van Neyghem. Après cette expérience, Bart m’a proposé d’intégrer officiellement le groupe; ce que j’ai accepté immédiatement.
En 2022, le Brass Band Bacchus m’a ensuite confié le poste de bugle solo.
À cette période, entre les brass band, l’Harmonie et les études, cela devenait très intense. J’ai donc décidé de faire une pause avec le Brass Band de Thudinie.
Peu après, le Brass Band Buizingen, reconnu internationalement, m’a proposé, pour la deuxième fois, de rejoindre son effectif. Cette fois, je n’ai pas pu refuser. J’ai intégré le groupe en septembre 2022 au poste de 3e cornet sous la direction de Michel Leveugle.
Très rapidement, Michel m’a proposé le poste de cornet repiano. Ensuite, avec l’arrivée du chef actuel Tijl Veraghe, j’ai eu l’honneur de recevoir la proposition de devenir bugle solo, un poste exceptionnel dans une carrière de musicien.
En 2024-2025, j’ai également accepté de revenir jouer le cornet solo au Brass Band de Thudinie à la demande de mon ami Sébastien Rousseau, qui en a repris la direction.
Aujourd’hui, je joue toujours avec l’Harmonie de Fraire, le Brass Band Bacchus, le Brass Band Thudinie et le Brass Band Buizingen.
Avec Bacchus, nous avons notamment remporté le Championnat du Monde de Brass Band en première division ainsi que le titre de Champion de Belgique 2024, sans oublier plusieurs podiums internationaux.
Avec Buizingen également, nous réalisons de très belles performances, dont une victoire lors d’un championnat au Luxembourg.
Dans ces formations, j’ai régulièrement la chance de me produire en tant que soliste, ce qui représente énormément pour moi.
Quel est le genre de musique que tu affectionnes particulièrement jouer, que ce soit au sein de l’harmonie ou d’autres orchestres à vent ?
J’apprécie particulièrement les œuvres qui racontent une histoire et qui dégagent une forte émotion.
C’est quelque chose que l’on retrouve énormément dans l’univers des brass band, avec des pièces très musicales et expressives.
J’aime aussi beaucoup les marches, qui font partie de notre folklore et de nos traditions.
De manière générale, j’adore autant les pièces lentes et émouvantes que les œuvres plus techniques. Ces dernières nous poussent à progresser, à sortir de notre zone de confort et à constamment évoluer musicalement.
Tu consacres une partie de ton temps à l’apprentissage des jeunes au sein de l’école de musique de l’Harmonie. Peux-tu nous expliquer ?
Oui, effectivement. Il y a bientôt deux ans, nous avons décidé de reconstruire une école de musique sérieuse, avec des professeurs compétents et motivés.
Après en avoir discuté avec notre chef Damien Bernard ainsi qu’avec mon frère Lucas, ils m’ont encouragé à transmettre à mon tour ce que j’ai appris au fil des années.
Même si la demande est importante, je n’ai malheureusement pas énormément de temps à consacrer à l’enseignement. J’ai donc fait le choix de travailler avec un élève à la fois, afin de pouvoir m’investir à 100 % et offrir le meilleur accompagnement possible.
Interview réalisée par Vincent Pinton, Mai 2026.





